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MéthodePar Paul Rudler

Conseiller en pilotage d’entreprise : ce qu’il vous apporte, et comment le choisir

En deux mots

On me demande souvent à quoi sert un conseiller en pilotage, et si ce n’est pas le travail de l’expert-comptable. Ce sont deux places différentes, et les deux vous servent. Votre comptable produit la matière la plus fiable dont vous disposiez. Le conseiller en pilotage s’assied à côté de vous pour en tirer des décisions, tous les mois. Voici ce qu’il apporte réellement, ce qu’il ne fait pas, et les quatre questions que je vous conseille de lui poser avant de commencer.

Sa place, entre votre comptable et vous

Trois professionnels tournent autour de vos chiffres, et on les confond souvent.

Votre expert-comptable produit, et il en répond. Il tient votre comptabilité, établit vos comptes annuels, sécurise votre fiscalité. C’est la matière la plus fiable dont vous disposez, et rien ne se pilote sérieusement sans elle. Beaucoup de cabinets proposent aujourd’hui une mission de conseil en plus de la production : si le vôtre le fait, vous tenez déjà votre conseiller.

Le consultant en stratégie intervient sur une question ponctuelle et large : un positionnement, une croissance externe, une réorganisation. Sa mission a un début et une fin.

Le conseiller en pilotage fait autre chose : il revient. Son apport tient dans la répétition d’un rendez-vous mensuel. On y regarde les mêmes indicateurs, on y constate les écarts, et on décide. Ce n’est ni un audit ni une mission projet : c’est une pratique installée dans votre année, celle du pilotage d’entreprise.

Les trois choses qu’il vous apporte, et qu’un outil seul n’apporte pas

Je suis éditeur de logiciel, alors la remarque a du poids venant de moi. Un outil ne remplace pas ces trois-là.

1. Il tient la routine avec vous. Le pilotage ne meurt presque jamais d’un défaut d’outil, il meurt d’un défaut de créneau. Un rendez-vous pris avec quelqu’un d’autre se tient. Un rendez-vous pris avec soi-même saute au premier mois chargé. C’est l’apport le plus banal, et de loin le plus décisif.

2. Il vous donne un point de comparaison. Vous savez ce que fait votre entreprise. Vous ne savez pas ce que font les vingt autres de votre secteur. Un conseiller qui accompagne plusieurs entreprises de votre taille sait à quoi ressemble un taux de marge normal chez vous. Il vous dit quand le vôtre ne l’est pas.

3. Il vous dit ce que votre entourage ne vous dit pas. Vos équipes ne vous diront pas que ce chantier est vendu sous son coût. Votre banquier ne vous le dira qu’après. Un conseiller extérieur n’a rien à perdre à vous le dire, et c’est pour cela que vous le payez.

Ce qu’il ne fait pas

Autant le dire franchement, parce que les déceptions viennent de là.

Il ne tient pas votre comptabilité et ne s’y substitue pas. Il ne décide pas à votre place. Il vous met la lecture sous les yeux, l’arbitrage reste le vôtre. Il ne vend pas votre production et ne recrute pas vos équipes. Et il ne fait pas de miracle sur un exercice déjà écrit. Son effet se mesure sur le suivant, parce que le pilotage agit sur les décisions à venir.

Les quatre questions à lui poser avant de commencer

1. À quelle fréquence nous voyons-nous ? La seule bonne réponse est mensuelle. Une intervention trimestrielle laisse passer deux mois avant qu’un écart soit vu. Une intervention annuelle relève de l’audit.

2. D’où viennent les chiffres que vous allez me montrer ? S’ils viennent d’un tableau qu’il remplit à la main, vous paierez de la saisie. S’ils viennent de votre comptabilité, importée puis rebouclée chaque mois, vous paierez de l’analyse. La différence est considérable, et elle se voit dès le premier rendez-vous.

3. Que se passe-t-il si nous arrêtons ? Vos données et votre outil doivent rester les vôtres. Une pratique de pilotage qui disparaît avec le conseiller n’était pas installée chez vous. Elle était installée chez lui.

4. Combien d’entreprises comme la mienne accompagnez-vous ? C’est ce qui fonde le point de comparaison. Un conseiller qui découvre votre secteur apprendra avec vous, ce qui est honnête mais se paie en temps.

Comment cela se facture

Un conseiller indépendant définit librement le contenu, la durée et le prix de sa mission. Il n’y a pas de barème, et se méfier d’un tarif annoncé avant d’avoir vu vos chiffres est un bon réflexe.

Deux lignes se distinguent toutefois, et vous avez intérêt à les voir séparément. L’accompagnement, qui est du temps de professionnel. La licence de l’outil, qui est un abonnement. Quand on vous présente un montant global, demandez la ventilation.

La licence, elle, est publique : elle va de 14,90 € à 79 € HT par mois selon la formule et le nombre d’utilisateurs. Et vous pouvez la lire sur notre page Tarifs, sans avoir à la demander à quiconque. C’est le seul des deux montants qui soit affiché, et c’est normal. Le temps d’un professionnel ne se met pas en grille.

Et si vous commenciez seul ?

C’est une option sérieuse, et je ne vais pas vous dire l’inverse pour placer quelqu’un.

Si vous lisez un compte de résultat sans effort et que vous tenez un rendez-vous mensuel avec vous-même, commencez seul. PilotagePro Go lit votre comptabilité et tient votre budget avec zéro paramétrage métier. Vous verrez en trois mois si la discipline prend. Si elle prend, vous avancerez plus vite avec quelqu’un. Si elle ne prend pas, vous saurez pourquoi, et c’est précisément ce qu’un conseiller viendra corriger.

Nous accompagnons aujourd’hui 280 entreprises. Cela passe par des Consultants Agréés installés dans plusieurs régions de France. Ce sont des professionnels indépendants, souvent d’anciens dirigeants ou d’anciens directeurs financiers, agréés sur l’outil. Vous pouvez trouver un conseil en pilotage d’entreprise près de chez vous.

Questions associées

Qu’est-ce qu’un conseiller en pilotage d’entreprise ?

C’est un professionnel indépendant qui accompagne un dirigeant, à intervalle régulier, pour transformer ses chiffres en décisions : il installe et tient un rendez-vous mensuel, apporte un point de comparaison venu d’autres entreprises du même secteur, et dit ce que l’entourage du dirigeant ne dit pas. Il ne tient pas la comptabilité et ne décide pas à la place du dirigeant.

Quelle différence avec un expert-comptable ?

L’expert-comptable produit les comptes et en répond : c’est la matière la plus fiable dont dispose une entreprise. Le conseiller en pilotage part de cette matière pour en tirer des décisions, chaque mois, pendant l’exercice. Beaucoup de cabinets proposent aujourd’hui cette mission de conseil en plus de la production comptable.

À quelle fréquence rencontrer son conseiller en pilotage ?

Tous les mois. Une intervention trimestrielle laisse passer deux mois avant qu’un écart soit vu, ce qui est souvent trop tard pour le corriger sur l’exercice ; une intervention annuelle relève de l’audit, pas du pilotage.

Combien coûte un conseiller en pilotage d’entreprise ?

Il n’existe pas de barème : chaque conseiller indépendant définit librement le contenu, la durée et le prix de sa mission. Deux lignes sont à distinguer : l’accompagnement, qui est du temps de professionnel, et la licence du logiciel, qui est un abonnement dont le tarif public est affiché.

Peut-on piloter son entreprise sans conseiller ?

Oui, si le dirigeant lit un compte de résultat sans effort et tient un rendez-vous mensuel avec lui-même. Le risque n’est pas la compétence, c’est le décrochage au troisième mois chargé. Commencer seul pendant trois mois est un bon test : si la discipline prend, un accompagnement la fera avancer plus vite.