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Seuils et équilibre

EBITDA

Définition

L’EBITDA désigne le résultat d’une entreprise avant intérêts, impôts, amortissements et provisions. C’est l’équivalent anglo-saxon de l’excédent brut d’exploitation français, à quelques retraitements près. Il sert à comparer des entreprises financées et équipées différemment, et fournit la base des multiples employés lors d’une cession ou d’une levée de fonds.

Le sens de l’acronyme

Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization : le résultat avant les intérêts d’emprunt, l’impôt sur les bénéfices, l’amortissement des biens corporels (machines, véhicules, agencements) et celui des biens incorporels (logiciels, brevets, fonds de commerce). Chacune de ces quatre lignes dépend d’une décision de financement, d’une règle fiscale ou d’une durée comptable, et non du métier exercé.

Aucun plan comptable ne définit l’EBITDA : c’est un solde d’usage, que chaque entreprise construit à sa main. Devant un EBITDA annoncé dans un dossier, la première question porte donc sur son contenu, notamment sur les charges qualifiées de non récurrentes qui en ont été sorties.

Formule

EBITDA = Résultat d’exploitation + Dotations aux amortissements + Dotations aux provisions

Le chemin inverse donne le même solde : résultat net augmenté de l’impôt, des charges financières et des dotations, à condition qu’aucun produit financier ni élément exceptionnel ne s’y mêle.

Le même exercice, lu à la norme internationale

Exemple chiffré

EBE (soldes intermédiaires de gestion)
197 000 €
Autres produits de gestion courante (refacturations)
+ 3 000 €
EBITDA
200 000 €
Écart entre les deux soldes
1,5 %

L’EBE s’arrête aux opérations retenues par les soldes intermédiaires de gestion du plan comptable général. L’EBITDA, construit à partir du résultat d’exploitation, reprend les autres produits et charges de gestion courante que l’EBE laisse de côté.

3 000 € rapportés à 197 000 € font 1,5 %. Sur une PME sans opération inhabituelle, l’écart tient dans quelques milliers d’euros : pour piloter, les deux soldes racontent la même chose.

Le point clé

Le mot change avec l’interlocuteur : un banquier français demande l’EBE, un acquéreur étranger ou un fonds demande l’EBITDA. Le chiffre, lui, bouge à peine.

Où il sert, où il trompe

Comparer deux entreprises
Il neutralise le mode de financement et la durée d’amortissement retenue : une société endettée et une société sans dette se lisent sur la même ligne.
Chiffrer une valorisation
Une offre de rachat s’exprime souvent en multiple de ce solde. Sept fois 200 000 € font 1 400 000 € : le multiple, lui, se négocie, et dépend du secteur, de la taille et de la dépendance de l’entreprise à son dirigeant.
Juger une activité à fort matériel
Un parc de camions ou de machines s’use, et l’EBITDA ne le voit pas. Une flotte à renouveler dans deux ans n’apparaît nulle part dans ce solde : elle apparaît dans l’EBIT.
Dans PilotagePro

PilotagePro isole ce même solde avant amortissements, lu chaque mois dans le compte de résultat provisoire.

Questions fréquentes

Un EBITDA positif suffit-il à rembourser un emprunt ?

Non, et c’est l’erreur la plus fréquente autour de ce solde. Avant de rembourser quoi que ce soit, il faut en retirer l’impôt sur les sociétés, la variation du besoin en fonds de roulement et les investissements nécessaires au maintien de l’outil de travail. Le solde qui répond vraiment à la question du remboursement est la capacité d’autofinancement.

Peut-on comparer l’EBITDA d’une entreprise locataire de ses locaux et d’une entreprise propriétaire ?

Pas directement. Le loyer est une charge externe qui diminue l’EBITDA du locataire, tandis que le propriétaire ne supporte qu’un amortissement, exclu du calcul, et des intérêts, exclus eux aussi. À performance de métier égale, le propriétaire affiche le solde le plus élevé. La comparaison ne redevient juste qu’après retraitement des loyers immobiliers des deux côtés.

Mise à jour le

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