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Seuils et équilibre

Excédent brut d’exploitation (EBE)

Définition

L’excédent brut d’exploitation est ce que l’activité dégage une fois payés les achats, les charges externes, les salaires et les impôts et taxes, avant les amortissements, les charges financières et l’impôt sur les bénéfices. Il mesure la rentabilité de l’exploitation seule, sans tenir compte de la façon dont l’entreprise est financée ni de l’âge de son matériel.

Une entreprise d’agencement de dix salariés

Exemple chiffré

Chiffre d’affaires
1 200 000 €
Achats consommés
− 360 000 €
Charges externes (loyer, énergie, assurances)
− 145 000 €
Charges de personnel
− 480 000 €
Impôts et taxes
− 18 000 €
EBE
197 000 €, soit 16,4 % du chiffre d’affaires

Ni les dotations aux amortissements, ni les intérêts d’emprunt, ni l’impôt sur les sociétés n’entrent dans ce calcul. Deux ateliers identiques, l’un ayant payé ses machines comptant, l’autre à crédit, affichent le même EBE.

197 000 € rapportés à 1 200 000 € donnent un taux de 16,4 %. C’est ce taux, et non le montant, qui se suit d’un exercice à l’autre.

Formule

EBE = Chiffre d’affaires − Achats consommés − Charges externes − Charges de personnel − Impôts et taxes

Les subventions d’exploitation s’ajoutent au calcul lorsqu’il y en a ; les dotations, les charges financières et l’impôt sur les sociétés en restent exclus.

La variation du taux d’EBE

Le taux monte pendant que le chiffre d’affaires baisse
Le tri s’est fait sur les chantiers : moins de volume, mieux vendu. Reste à vérifier que les charges fixes ont suivi le même mouvement.
Le taux baisse pendant que le chiffre d’affaires monte
La croissance se paie quelque part : achats mal négociés, heures passées et non facturées, sous-traitance appelée en urgence. Le signal apparaît sur l’EBE avant d’apparaître sur le résultat net.
Le taux ne se compare qu’à lui-même
Un négoce, un bureau d’études et une entreprise de pose n’ont pas la même structure de charges. La seule comparaison qui tienne est celle des exercices d’une même maison, à périmètre constant.

De l’EBE au résultat d’exploitation

Le résultat d’exploitation reprend l’EBE, y ajoute les autres produits de gestion courante, puis retire les dotations aux amortissements et aux provisions. Sur l’exemple ci-dessus, 197 000 € augmentés de 3 000 € de refacturations et diminués de 47 000 € de dotations donnent 153 000 € de résultat d’exploitation. L’écart entre les deux soldes mesure exactement ce que l’entreprise consomme en matériel et en risques provisionnés.

Dans un dossier de financement, c’est l’EBE qui sert de point de départ au calcul de la capacité de remboursement : diminué de l’impôt et de la variation du besoin en fonds de roulement, c’est lui qui paie les annuités d’emprunt. Un EBE qui s’effrite pendant que la dette monte est le signal que le banquier verra en premier.

Le point clé

L’EBE isole la performance du métier. Ni le mode de financement du matériel, ni la durée d’amortissement retenue, ni le taux d’impôt ne le déplacent.

Dans PilotagePro

PilotagePro calcule cet excédent chaque mois, dans le compte de résultat provisoire du tableau de bord.

Questions fréquentes

Un EBE positif garantit-il une trésorerie positive ?

Non. L’EBE ignore le moment où l’argent entre et sort. Une entreprise peut dégager 197 000 € d’EBE et vivre sur son découvert si ses clients règlent à 75 jours quand elle paie ses fournisseurs à 30. L’écart entre les deux se nomme besoin en fonds de roulement, et il se finance.

Que devient l’EBE quand une machine est prise en crédit-bail plutôt qu’achetée ?

Il baisse. Le loyer de crédit-bail est une charge externe, comptée avant l’EBE. La même machine achetée laisse l’EBE intact et pèse plus bas, dans les dotations aux amortissements. Deux entreprises au métier identique peuvent ainsi afficher des taux d’EBE écartés de plusieurs points par ce seul arbitrage de financement.

Peut-on calculer un EBE en cours d’exercice ?

Oui, sur une situation intermédiaire, à deux conditions : rattacher au mois la quote-part des charges annuelles (assurances, abonnements, taxes) et valoriser les travaux en cours. Sans ces retraitements, un mois de forte facturation donne un EBE flatteur et le mois suivant un EBE catastrophique, alors que le métier n’a pas bougé.

Mise à jour le

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