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Rentabilité et marges

Marge brute et marge nette

Définition

La marge brute est ce qui reste du chiffre d’affaires une fois déduits les coûts variables engagés pour produire : matières, sous-traitance, heures vendues. La marge nette est ce qui reste du même chiffre d’affaires après toutes les charges, fixes comprises, amortissements et impôt inclus. La première juge la production, la seconde juge l’entreprise entière.

Formule

Marge brute = Chiffre d’affaires − Coûts variables ; Marge nette = Marge brute − Charges fixes − Amortissements − Impôts

Les coûts variables bougent avec le volume produit ; les charges fixes tombent que l’activité tourne ou non.

Un exercice d’entreprise d’installation électrique

Exemple chiffré

Chiffre d’affaires
1 200 000 €
Coûts variables : matières, sous-traitance, heures posées
− 480 000 €
Marge brute
720 000 €, soit 60 %
Charges fixes
− 550 000 €
Amortissements et impôt sur les sociétés
− 70 000 €
Marge nette
100 000 €, soit 8,3 %

Entre les deux lignes, 620 000 € de charges qui n’apparaissent sur aucun devis. Sur ce compte de résultat, un point de marge brute vaut 12 000 €, à comparer aux 100 000 € que l’exercice laisse au total.

Le taux de 60 % n’a rien d’exceptionnel pour une activité de pose : il doit financer une structure qui absorbe presque tout.

L’écart entre marge brute et marge nette

Marge brute haute, marge nette faible
La production est bien vendue, la structure coûte trop cher pour ce volume. Le sujet est le loyer, l’administratif, le parc de véhicules, pas le prix des devis.
Marge brute faible, marge nette correcte
L’entreprise vit sur une structure très légère. Le premier recrutement administratif fera basculer le résultat, et il arrivera plus tôt que prévu.
Les deux qui reculent ensemble
Les prix ne suivent plus les coûts d’achat. Les affaires signées il y a six mois se réalisent avec les tarifs fournisseurs d’aujourd’hui.
Une marge nette qui tient alors que la brute glisse
Un exercice où l’entreprise a compensé par du volume. La mécanique s’arrête le jour où la capacité de production est pleine.

Marge brute ou marge contributive : ce qui les sépare

Les deux se calculent de la même manière, chiffre d’affaires moins coûts variables, et ne répondent pas à la même question. La marge brute se lit dans le compte de résultat, sur l’ensemble de la production de l’exercice : elle dit si l’outil de production dégage assez pour payer la structure.

La marge contributive se calcule activité par activité, sans y affecter la moindre charge fixe commune, pour arbitrer entre elles : garder, développer, arrêter. Un dirigeant qui ne connaît que sa marge brute globale sait qu’il gagne 60 % ; il ignore laquelle de ses trois activités porte les deux autres.

Le point clé

La marge brute dit si la production est bien vendue, la marge nette si l’entreprise gagne de l’argent une fois sa structure payée. Un point de marge brute lâché sur un devis se retrouve intégralement en bas du compte de résultat.

Dans PilotagePro

Le tableau de bord de PilotagePro donne le compte de résultat provisoire et la rentabilité provisoire à date, à partir des imports comptables, sans ressaisie. Sur chaque affaire, le chiffrage de la formule Plus ajoute trois repères en coût complet : minimum acceptable, coût de revient, prix.

Questions fréquentes

Un taux de marge nette de 8 %, c’est bon ?

Aucune norme ne vaut pour tous les métiers. Le même 8 % est confortable dans une activité de main-d’oeuvre qui n’immobilise presque rien, et fragile dans une activité qui doit renouveler ses machines tous les cinq ans. Les deux lectures utiles sont la tendance sur trois exercices et la comparaison avec des entreprises du même métier et de la même taille.

La marge nette se calcule-t-elle avant ou après l’impôt sur les sociétés ?

Après : elle part du résultat net, impôt déduit. Pour comparer sa performance d’exploitation à celle d’une autre entreprise, dont la charge d’intérêts et le régime fiscal diffèrent, l’excédent brut d’exploitation est le bon niveau de lecture.

Où passe la rémunération du dirigeant ?

Dans les coûts variables pour ses heures de production, sur chantier ou en mission, et dans les charges fixes pour le reste. Beaucoup de petites entreprises ne l’imputent nulle part : la marge brute affichée est alors surévaluée d’autant, et l’écart se découvre au bilan.

Mise à jour le

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