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Seuils et équilibre

Seuil de rentabilité

Définition

Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires qu’une entreprise doit réaliser sur un exercice pour couvrir l’ensemble de ses charges fixes et variables. En dessous, elle perd de l’argent ; au-dessus, chaque euro facturé produit du résultat. On l’obtient en divisant les charges fixes annuelles par le taux de marge sur coûts variables.

Deux chiffres, et une difficulté

Le calcul demande peu de chose : le total des charges qui tombent que l’entreprise travaille ou non, et la part du prix de vente qui reste une fois payés les achats et la sous-traitance du chantier. Le loyer, les assurances, la comptabilité, les salaires des permanents et les loyers de crédit-bail sont fixes. Les fournitures, la location de nacelle et l’intérim suivent la production.

La difficulté tient au partage. Un chef d’équipe en contrat à durée indéterminée est une charge fixe, même quand le carnet est vide ; le renfort intérimaire appelé pour trois semaines est une charge variable. Se tromper sur cette ligne fausse tout le reste : classer des salaires en variable donne un seuil rassurant et faux.

Formule

Seuil de rentabilité = Charges fixes annuelles ÷ Taux de marge sur coûts variables

Taux de marge sur coûts variables = ( Chiffre d’affaires − Coûts variables ) ÷ Chiffre d’affaires, exprimé en pourcentage.

Une société de génie climatique, exercice complet

Exemple chiffré

Charges fixes annuelles
500 000 €
Chiffre d’affaires de l’exercice
1 200 000 €
Coûts variables (achats, sous-traitance, intérim)
480 000 €
Taux de marge sur coûts variables
60 %
Seuil de rentabilité
833 333 €

1 200 000 € moins 480 000 € de coûts variables laissent 720 000 € de marge, soit 60 % du chiffre d’affaires. 500 000 € de charges fixes divisés par 0,60 donnent 833 333 €.

Au-delà de ce montant, 60 centimes sur chaque euro facturé tombent en résultat. En dessous, la structure n’est pas payée.

Trois façons de le faire baisser

Remonter le taux de marge sur coûts variables
À 65 % au lieu de 60 %, le seuil descend à 769 231 €, soit près de 64 000 € de production en moins à trouver pour le même résultat. Cinq points de marge valent souvent plus qu’un mois de prospection.
Alléger les charges fixes
Chaque tranche de 10 000 € de charges fixes économisée retire 16 667 € au seuil, tant que le taux de marge tient.
Basculer une charge fixe vers le variable
Sous-traiter une compétence plutôt que l’embaucher réduit les charges fixes et le taux de marge en même temps. Le seuil ne baisse que si le premier effet l’emporte sur le second, ce qui se vérifie avant de décider.
Le point clé

Le seuil de rentabilité porte sur du chiffre d’affaires produit et facturé, pas sur des devis signés. Un carnet plein qui ne se transforme pas en chantiers livrés ne fait franchir aucun seuil.

Dans PilotagePro

PilotagePro traite la question devis par devis : le chiffrage en coût complet donne trois repères, minimum acceptable, coût de revient et prix, et affiche la contribution du chantier aux frais fixes de l’entreprise.

Questions fréquentes

Le seuil de rentabilité se calcule-t-il hors taxes ou toutes taxes comprises ?

Hors taxes, comme toutes les données du compte de résultat. La TVA collectée n’est pas un produit et la TVA déductible n’est pas une charge : l’entreprise ne fait que les transiter. Raisonner en montants TTC gonfle le chiffre d’affaires de 20 % et donne un seuil qu’on croit atteint alors qu’il ne l’est pas.

À quelle fréquence faut-il le recalculer ?

À chaque changement de structure, et au moins une fois par exercice au moment du budget. Un déménagement, un recrutement de permanent, un crédit-bail de camion ou une hausse de loyer déplacent les charges fixes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un seuil calculé sur les charges de l’an dernier donne une sécurité imaginaire.

Peut-on avoir plusieurs seuils de rentabilité dans la même entreprise ?

Un seuil unique s’impose au niveau de l’entreprise, puisque les charges fixes sont communes. En revanche, chaque activité contribue à sa façon : la marge contributive mesure ce que chacune apporte à la couverture de ces charges, et sert à arbitrer entre elles quand la capacité est limitée.

Le seuil de rentabilité tient-il compte du remboursement des emprunts ?

Partiellement, et c’est un piège classique. Seuls les intérêts figurent dans les charges ; le remboursement du capital sort de la trésorerie sans passer par le compte de résultat. Une entreprise qui rembourse 60 000 € de capital par an doit dépasser son seuil comptable d’autant pour ne pas se retrouver à sec.

Mise à jour le

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