Seuils et équilibre
Point mort
Le point mort est la date de l’exercice à partir de laquelle une entreprise a couvert l’ensemble de ses charges et commence à dégager du résultat. Il se déduit du seuil de rentabilité, rapporté au chiffre d’affaires annuel attendu puis converti en jours. Le seuil de rentabilité indique combien il faut facturer ; le point mort indique quand ce montant sera atteint.
Formule
Point mort (en jours) = ( Seuil de rentabilité ÷ Chiffre d’affaires annuel ) × 360
Le seuil de rentabilité vaut charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables ; 360 est la convention commerciale de douze mois de trente jours.
Une entreprise de génie climatique de quatorze salariés
Exemple chiffré
- Chiffre d’affaires annuel attendu
- 1 200 000 €
- Charges fixes annuelles
- 500 000 €
- Taux de marge sur coûts variables
- 60 %
- Seuil de rentabilité
- 833 333 €
- Part du chiffre d’affaires annuel
- 69,4 %
- Point mort
- 250 jours, soit le 7 septembre
833 333 € représentent 69,4 % du chiffre d’affaires attendu, et 69,4 % de 360 jours font 250 jours. Le 250ᵉ jour d’une année non bissextile tombe le 7 septembre.
Le calcul suppose une production étalée régulièrement sur l’année. Un chauffagiste facture davantage en octobre qu’en juin : sa date réelle d’équilibre arrive après la date théorique, puis se rattrape d’un coup à l’entrée de l’hiver.
Combien il faut faire, quand ce sera fait
Les deux notions sortent du même calcul et ne servent pas au même moment. Le seuil de rentabilité est un montant : 833 333 € à facturer avec la marge prévue. Le point mort est ce montant posé sur un calendrier : le 7 septembre. Un montant se compare à un objectif commercial, une date se compare à celle de l’an dernier.
C’est la date que les équipes retiennent. Dire à un conducteur de travaux qu’il reste 833 333 € à facturer avant que l’entreprise ne travaille pour elle-même ne déclenche rien ; lui dire que l’entreprise ne travaille pour elle qu’à partir de septembre, et que la marge perdue sur un chantier repousse ce jour, se comprend immédiatement.
Une date qui commande des décisions
Le point mort ne se juge pas dans l’absolu, mais par sa place dans l’année et par son déplacement d’un mois sur l’autre.
- Avant l’été
- Le reste de l’exercice produit du résultat. La question devient l’emploi de la capacité disponible : recruter, investir, ou reconstituer des fonds propres.
- Autour de septembre
- Le rythme est tenable, sans réserve. Un chantier perdu au dernier trimestre efface le résultat de l’année.
- En novembre
- L’exercice se joue sur six semaines. Les seuls leviers encore actifs sont le prix des devis en cours et les charges fixes engagées pour l’année suivante.
- Une date qui recule de mois en mois
- La marge acquise ne suit pas le rythme prévu : soit les devis partent trop bas, soit les chantiers dérivent en heures.
Un point mort ne se lit pas seul. C’est son déplacement, d’un mois sur l’autre puis d’un exercice à l’autre, qui dit si l’entreprise tient le rythme qu’elle s’est donné.
PilotagePro calcule le point mort dans Suivi & ; Atterrissage, à côté de l’atterrissage de l’exercice : chiffre d’affaires et résultat projetés à la clôture, comptés jusqu’à la dernière situation comptable puis estimés pour les mois restants.
Questions fréquentes
Faut-il calculer le point mort sur 360 ou sur 365 jours ?
Les deux se pratiquent. Sur 360 jours, l’exemple ci-dessus donne 250 jours, soit le 7 septembre ; sur 365 jours, il donne 253 jours, soit le 10 septembre. L’écart de trois jours ne change aucune décision. Ce qui compte est de garder la même base d’un exercice à l’autre, sinon la comparaison entre deux années devient fausse.
Que devient le point mort quand une charge fixe est engagée en cours d’année ?
Il recule. Un salarié recruté au 1er juillet à 45 000 € chargés ajoute 22 500 € aux charges fixes de l’exercice. Le seuil de rentabilité passe de 833 333 € à 870 833 € et le point mort de 250 à 261 jours, soit onze jours plus tard. C’est le calcul à faire avant de signer le contrat, pas après.
Une entreprise peut-elle avoir un point mort au-delà du 31 décembre ?
Oui, et c’est une façon utile de mesurer une perte. Si le seuil de rentabilité ressort à 1 320 000 € pour un chiffre d’affaires de 1 200 000 €, le calcul donne 396 jours : il manque 36 jours de production, soit un peu plus d’un mois d’activité, pour équilibrer l’exercice.
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