Trésorerie et financement
Ratio d’endettement (gearing)
Le ratio d’endettement, ou gearing, rapporte les dettes financières aux capitaux propres et s’exprime en pourcentage. Il mesure la part de la structure financée par les créanciers plutôt que par les associés. À 100 %, l’entreprise doit autant qu’elle possède en fonds propres ; au-delà, ce sont ses prêteurs qui financent la plus grande part de son outil de travail.
Formule
Ratio d’endettement = (Dettes financières ÷ Capitaux propres) × 100
Les dettes financières regroupent les emprunts bancaires et les concours de trésorerie ; les dettes fournisseurs, fiscales et sociales en sont exclues.
Au bilan d’une entreprise de travaux publics
Exemple chiffré
- Emprunts bancaires à moyen terme
- 340 000 €
- Concours bancaires courants
- + 60 000 €
- Dettes financières
- 400 000 €
- Capitaux propres
- 850 000 €
- Ratio d’endettement
- 47 %
À 47 %, cette entreprise garde de la place pour emprunter. Un investissement de 200 000 € financé intégralement à crédit porterait le ratio à 71 %, sans que son activité ait bougé d’un euro.
Comment le lire
Les seuils ci-dessous sont des repères d’analyse courants et non une règle comptable ; ils se déplacent selon le secteur.
- Sous 30 %
- L’entreprise est peu endettée. Elle peut financer un investissement ou absorber un exercice difficile sans rien renégocier.
- Entre 30 % et 70 %
- Zone habituelle d’une PME qui a investi. Le ratio se lit alors avec la capacité d’autofinancement : ce qui compte devient la vitesse de remboursement.
- Entre 70 % et 100 %
- La marge de manœuvre se réduit. Une demande de prêt se discute avec une garantie, un apport ou un allongement de durée.
- Au-delà de 100 %
- Les créanciers financent plus que les associés. Un retournement d’activité se transforme vite en incident de paiement, faute de fonds propres pour l’amortir.
Les autres ratios que la banque regarde
Un ratio bas ne suffit pas. Une entreprise peu endettée dont l’activité ne dégage rien reste un mauvais dossier : le prêteur veut savoir avec quoi les échéances seront payées, et la réponse se trouve dans la capacité d’autofinancement.
L’effet de levier joue dans les deux sens. Tant que la rentabilité de l’activité dépasse le taux d’intérêt, l’endettement augmente la rentabilité des capitaux propres. Quand elle passe en dessous, il l’amplifie à la baisse, et les intérêts se paient sur un résultat qui recule déjà.
Pour le dirigeant, le chiffre utile est celui qui reste avant la limite. Rester sous 70 % avec 850 000 € de capitaux propres autorise 595 000 € de dettes financières : les 400 000 € en cours laissent 195 000 € à emprunter, garantie ordinaire à l’appui. Ce montant se connaît avant de choisir le matériel ; le rendez-vous bancaire vient ensuite.
Le ratio d’endettement mesure une capacité à encaisser un coup dur, pas une performance. Il se regarde avant de s’engager, parce qu’il décide de l’accès au financement suivant.
La Gestion BFR de PilotagePro mesure le besoin que ce ratio d’endettement permet de financer par la dette.
Questions fréquentes
Le crédit-bail entre-t-il dans le calcul ?
Il ne figure pas au bilan en comptabilité française, mais l’analyste le retraite en dette financière, avec l’immobilisation correspondante à l’actif. Une entreprise qui finance tout son matériel en crédit-bail affiche donc un ratio flatteur pour un engagement réel comparable à celui d’un emprunt.
Comment redresser un ratio trop élevé ?
Par le haut du bilan : mise en réserve du résultat, apport en compte courant bloqué, augmentation de capital. Par le bas : remboursement anticipé, cession d’un actif financé. Le premier chemin est plus lent, le second ampute la capacité de production.
Ce ratio se compare-t-il d’un secteur à l’autre ?
Difficilement. Une activité qui immobilise beaucoup, transport ou travaux, porte structurellement plus de dettes qu’un cabinet de conseil dont l’actif tient dans des ordinateurs. La comparaison qui apprend quelque chose est celle de l’entreprise avec elle-même, exercice après exercice.
Les comptes courants d’associés comptent-ils comme des dettes ?
Cela dépend de leur nature. Un compte courant qui peut être retiré à tout moment est une dette financière à part entière. Bloqué par convention pour la durée d’un emprunt, il est le plus souvent traité comme des ressources propres, ce qui change le ratio de plusieurs dizaines de points.
Aller plus loin
Mise à jour le