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Lecture et pilotage

ROE (rentabilité des capitaux propres)

Définition

Le ROE, ou rentabilité des capitaux propres, rapporte le résultat net de l’exercice aux capitaux propres inscrits au bilan. Exprimé en pourcentage, il mesure ce que rapporte l’argent que les associés ont laissé dans l’entreprise. Il se lit avec le niveau d’endettement, car la dette fait monter ce ratio sans que la performance du métier ait changé.

Formule

ROE = ( Résultat net ÷ Capitaux propres ) × 100

Les capitaux propres réunissent le capital social, les réserves, le report à nouveau et le résultat de l’exercice, tels qu’ils figurent au passif du bilan.

Deux bilans, le même résultat net

Exemple chiffré

Résultat net, bureau d’études A
120 000 €
Capitaux propres de A
850 000 €
ROE de A
14,1 %
Résultat net, bureau d’études B
120 000 €
Capitaux propres de B
300 000 €
ROE de B
40,0 %

120 000 € rapportés à 850 000 € donnent 14,1 % ; les mêmes 120 000 € rapportés à 300 000 € donnent 40 %. Les deux cabinets ont gagné la même somme sur l’exercice et emploient le même nombre d’ingénieurs.

B affiche presque le triple parce que son bilan porte moins de capitaux propres : bénéfices distribués d’année en année, ou matériel financé par emprunt plutôt que par apport. Son ratio mesure autant son montage financier que son travail.

Un ratio qui monte sans que rien s’améliore

Une distribution de dividendes
Les capitaux propres diminuent du montant distribué. Le dénominateur baisse, le ratio monte, et l’entreprise n’a pas mieux travaillé pour autant.
Un financement par emprunt plutôt que par apport
La dette ne figure pas dans les capitaux propres. Tant que l’argent emprunté coûte moins cher que ce que l’actif rapporte, le levier gonfle le ratio ; il amplifie tout autant la perte le jour où l’activité se retourne.
Des pertes passées
Un report à nouveau négatif ampute les capitaux propres. Une entreprise qui sort de deux exercices déficitaires peut afficher un ROE flatteur au troisième, sur une base réduite par ses propres pertes.
Le point clé

Un ROE se compare à ce que le même argent rapporterait ailleurs, et se lit avec la dette qui le porte. Seul, il flatte les bilans les plus fragiles.

ROE et ROI : deux questions distinctes

Le ROE juge l’entreprise entière du point de vue de celui qui a mis l’argent, sur un exercice fermé, et se lit dans le bilan. Le ROI juge une dépense identifiée, sur sa durée de vie, et se calcule projet par projet. Le premier répond à « mon capital est-il bien placé ici ». Le second répond à « cette machine valait-elle son prix ».

Dans une TPE ou une PME dirigée par son propriétaire, une nuance s’ajoute : le résultat net est ce qui reste après que le dirigeant s’est rémunéré. Un dirigeant qui se verse un salaire confortable affiche un ROE modeste, un autre qui se paie en dividendes affiche l’inverse, à travail et à capital identiques.

Dans PilotagePro

Le résultat net que suit PilotagePro dans l’atterrissage de l’exercice est celui qui entre dans ce ROE.

Questions fréquentes

Quel niveau de ROE viser ?

Aucune norme ne s’impose, et les moyennes tous secteurs confondus n’apprennent rien à un dirigeant. Le repère utile tient en deux points : le rendement d’un placement sans risque, majoré d’une prime pour le risque pris en entreprise, et la trajectoire du ratio sur quatre ou cinq exercices. Un ROE qui s’érode régulièrement pose une question, même s’il reste positif.

Faut-il retenir les capitaux propres d’ouverture ou de clôture ?

La clôture est la pratique la plus courante et la plus simple à vérifier. En cas d’augmentation de capital ou de distribution importante en cours d’exercice, la moyenne entre l’ouverture et la clôture évite un ratio faussé par un mouvement survenu au dernier trimestre.

Que vaut le ROE d’une entreprise dont les capitaux propres sont négatifs ?

Rien : le ratio devient négatif ou aberrant et cesse d’être interprétable. Des capitaux propres négatifs signalent des pertes cumulées supérieures aux apports. Le Code de commerce impose d’ailleurs de consulter les associés lorsque ces capitaux propres tombent sous la moitié du capital social, pour décider de poursuivre l’activité ou de dissoudre la société.

Mise à jour le

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