Lecture et pilotage
ROI (retour sur investissement)
Le ROI, ou retour sur investissement, rapporte le gain net produit par un investissement à la somme engagée pour l’obtenir. Exprimé en pourcentage, il sert à comparer plusieurs projets entre eux, puis à vérifier après coup ce qu’une dépense a réellement rapporté. Un ROI ne veut rien dire sans la période sur laquelle il est calculé.
Le contenu du gain
La formule ne fait que diviser. Toute la valeur du calcul tient dans la façon dont le gain est constitué, ligne par ligne, avec des montants qu’on peut retrouver dans les comptes.
- Ce qui sort en moins
- Sous-traitance internalisée, heures supprimées, rebut évité, prime d’assurance abaissée. Ces lignes existaient dans les comptes de l’exercice précédent : elles se chiffrent sans discussion.
- Ce qui rentre en plus
- Chantiers acceptés qu’on refusait faute de capacité, délais tenus qui ouvrent un client, prestation nouvelle facturée. Ces gains se défendent, à condition de les compter en marge et non en chiffre d’affaires.
- Ce que l’investissement coûte ensuite
- Consommables, maintenance, énergie, assurance, formation, place occupée. À retirer du gain, faute de quoi le ROI est une promesse et non un calcul.
Formule
ROI = ( ( Gain de l’investissement − Coût de l’investissement ) ÷ Coût de l’investissement ) × 100
Le coût comprend l’achat, l’installation, la formation et les intérêts s’il y a emprunt ; le gain se compte net des charges que l’investissement crée à son tour.
Un centre d’usinage dans une menuiserie de douze salariés
Exemple chiffré
- Coût complet (machine, installation, formation)
- 48 000 €
- Découpe sous-traitée jusqu’ici, par an
- + 31 000 €
- Consommables, maintenance, énergie, par an
- − 7 000 €
- Gain net annuel
- 24 000 €
- Gain net sur trois ans
- 72 000 €
- ROI sur trois ans
- 50 %
72 000 € de gain pour 48 000 € engagés : le calcul donne 24 000 € divisés par 48 000 €, soit 50 % sur trois ans. Rapporté à l’année, cela ne fait évidemment pas 50 %.
La somme engagée est récupérée au bout de deux ans, quand le gain cumulé atteint 48 000 €. Ce délai de récupération est souvent la vraie question du dirigeant, davantage que le pourcentage : il dit combien de temps l’entreprise reste exposée.
Un ROI vaut ce que vaut la mesure de ses gains. Le calcul se refait douze mois après l’achat, sur les comptes réels, sinon il reste une intention.
Les limites du pourcentage
Deux investissements affichant 50 % ne se valent pas si le premier immobilise 48 000 € et le second 3 000 €. Le ratio ignore le montant engagé, donc le risque porté ; il ignore aussi la durée, et le fait que la trésorerie sort tout de suite quand les gains arrivent en trois ans. Un dirigeant compare donc toujours trois choses ensemble : le pourcentage, la somme engagée et le délai de récupération.
Reste le point de comparaison. Un investissement financé par emprunt doit rapporter davantage que ce que coûte cet emprunt, sans quoi l’opération appauvrit l’entreprise. Un investissement financé sur la trésorerie disponible se compare, lui, à tout ce que cet argent aurait permis de faire d’autre : un recrutement, un stock, ou simplement un matelas de sécurité.
Le résultat projeté par PilotagePro, à la clôture, est la mesure qui sert à recalculer ce ROI.
Questions fréquentes
Comment calculer le ROI d’un investissement financé à crédit ?
Les intérêts entrent dans le coût. Sur 48 000 € empruntés à 5 % et remboursés en quatre ans, les intérêts approchent 5 000 € : le coût passe à 53 000 € et le rendement recule d’autant. Il faut en revanche se garder d’y ajouter le remboursement du capital, qui n’est pas une charge mais la restitution de la somme engagée.
Un recrutement se juge-t-il au ROI ?
Oui, à condition de raisonner en marge. Un poseur qui coûte 45 000 € chargés doit produire, dans une entreprise dégageant 60 % de marge sur coûts variables, 75 000 € de chantiers pour couvrir son seul coût. Tout ce qui est facturé au-delà constitue le gain, et c’est ce montant qui se compare aux frais de recrutement et de formation.
Faut-il actualiser les gains attendus dans plusieurs années ?
Sur deux ou trois ans, le ROI simple suffit et l’actualisation change peu de chose. Au-delà de cinq ans, 100 € encaissés en fin de période ne valent plus 100 € d’aujourd’hui, et les méthodes fondées sur la valeur actuelle nette prennent le relais. Elles servent surtout aux investissements immobiliers ou de production lourde.
Un ROI négatif signifie-t-il une erreur de décision ?
Pas toujours. Une mise en conformité, un équipement de sécurité ou un dispositif imposé par un donneur d’ordre se jugent au risque évité et au marché conservé, pas au rendement. Le calcul garde son intérêt : il chiffre ce que coûte l’obligation, et permet de la négocier ou de l’étaler.
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