Rentabilité et marges
Coût de production
Le coût de production regroupe les ressources consommées pour réaliser une prestation : matières, sous-traitance, heures des salariés dont on vend le temps, énergie et consommables, quote-part d’amortissement des équipements. Il s’arrête aux coûts directement rattachables à l’affaire. Ni le loyer, ni l’administration, ni le commercial n’y figurent, ceux-là relèvent du coût de structure.
Le test qui range une heure d’un côté ou de l’autre
Une heure de salaire entre dans le coût de production si elle est vendue à un client identifié. Le technicien sur chantier, le consultant en mission, l’ouvrier en atelier, l’ingénieur imputé sur un projet : leurs heures ressortent en facture. Celles de la comptable, de l’assistante, du commercial et du dirigeant qui dirige ne ressortent nulle part, elles se paient sur la structure.
Le même métier bascule d’une entreprise à l’autre. Un chargé d’affaires qui passe ses journées à chiffrer est une charge de structure ; le même, s’il conduit aussi les chantiers et que son temps figure au devis, devient pour cette part un coût de production. C’est le mode de facturation qui tranche ; l’intitulé du poste importe peu.
Formule
Coût de production = Matières + Heures productives imputées + Sous-traitance + Énergie et consommables + Quote-part d’amortissement des équipements
Les heures productives se valorisent au coût horaire chargé, salaire brut et cotisations patronales comprises ; le taux de facturation n’entre pas dans ce calcul.
Une mission de conseil de cinq jours
Exemple chiffré
- Temps des consultants en mission, cinq jours
- 4 500 €
- Déplacements et hébergement
- 800 €
- Sous-traitance d’un expert sur un lot technique
- 600 €
- Licences et outils imputés à la mission
- 200 €
- Coût de production
- 6 100 €
- Honoraires facturés au client
- 12 500 €
Ce que ce total ne compte pas, volontairement : la part de loyer, le temps de la comptable qui facture, celui du dirigeant qui a vendu la mission.
Les 6 400 € d’écart avec les honoraires ne sont donc pas la marge de la mission. Ils doivent encore payer tout ce qui n’apparaît pas dans le tableau.
Le coût de production est le plancher absolu d’un devis, jamais son prix. Vendre à ce niveau revient à travailler à structure non payée, et l’entreprise s’en aperçoit à la clôture.
Où s’arrête le coût de production, où commence le coût de revient
Les deux calculs partent de la même affaire et ne s’arrêtent pas au même endroit. Le coût de production compte ce que l’affaire a consommé directement. Le coût de revient y ajoute la part de charges fixes qu’elle doit absorber, obtenue par une clé de répartition : heures, chiffre d’affaires ou nombre d’affaires.
Garder les deux séparés a un intérêt opérationnel. Le coût de production se mesure sans convention, sur chaque ligne, et se compare directement au chiffrage initial. La quote-part de structure dépend d’une clé choisie, donc d’une décision de gestion. Les mélanger empêche de savoir, le jour où la marge tombe, si le chantier a dérapé ou si la structure a grossi.
Dans la formule Plus, le chiffrage des devis part de ce coût de production pour poser le coût de revient.
Questions fréquentes
Le temps du dirigeant compte-t-il dedans ?
Oui, pour les heures passées en production : sur le chantier, chez le client, à l’atelier. C’est l’oubli le plus courant dans les entreprises de moins de vingt salariés, où le dirigeant produit encore. Non valorisées, ces heures font apparaître une marge qui n’existe pas et fixent des prix intenables le jour où il faut embaucher quelqu’un pour les faire.
Comment obtenir un coût horaire fiable ?
En divisant le coût annuel chargé d’un salarié par ses heures réellement productives, moins nombreuses que ses heures payées. Rapporter le salaire à la durée légale annuelle de 1 607 heures donne un coût sous-évalué : les congés, les jours fériés, la formation, les trajets et les temps d’attente se retirent de ce total avant division.
Les frais de déplacement en font-ils partie ?
Quand ils sont engagés pour une affaire précise, oui, puisqu’ils disparaissent si l’affaire n’a pas lieu. Le véhicule lui-même, son loyer de location et son assurance restent en structure : ils se paient que le camion roule ou non.
Faut-il le calculer affaire par affaire ou par type de prestation ?
Par type de prestation pour construire les devis, puis sur chaque affaire pour vérifier après coup. Un coût moyen par typologie donne une base de chiffrage réutilisable ; seul le calcul sur l’affaire dit ensuite si cette base tenait.
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